La culture du vélo aux Pays-Bas

Les Néerlandais possèdent plus de vélos que d'habitants et effectuent plus d'un quart de leurs déplacements à bicyclette. Ce n'est ni un hasard ni seulement une affaire de relief plat : c'est le fruit de choix politiques faits dans les années 1970.

Mis à jour le 14 octobre 2026 · 3 min de lecture

Sommaire
  1. Un pays fait pour pédaler
  2. Une histoire en trois temps
  3. L'infrastructure, clé du succès
  4. Le vélo néerlandais d'aujourd'hui
  5. Le vélo comme sport
  6. Questions fréquentes

Un pays fait pour pédaler

Le relief plat aide, le vent beaucoup moins : les Néerlandais pédalent par tous les temps, sous la pluie et face aux rafales venues de la mer du Nord (voir climat). La vraie raison du succès est ailleurs : des villes compactes, aux distances courtes, et surtout un réseau d'infrastructures séparées de la circulation automobile, unique au monde par sa densité. On y fait du vélo du berceau à la maison de retraite : enfants transportés dans un vélo-cargo (bakfiets), écoliers qui parcourent seuls des kilomètres pour aller au collège, ministres qui arrivent à vélo au conseil des ministres, seniors à assistance électrique.

Une histoire en trois temps

Le premier âge d'or (1900-1950)

Dès la fin du XIXe siècle, le vélo se démocratise et devient un symbole national : l'Association générale néerlandaise des cyclistes (ANWB, fondée en 1883 et devenue depuis le grand club automobile) balise les premiers itinéraires. Dans l'entre-deux-guerres, la bicyclette est le principal moyen de transport. Pendant l'occupation, les Allemands réquisitionnent des dizaines de milliers de vélos, un traumatisme qui a donné naissance à la boutade lancée aux supporters allemands : « Rendez-nous nos vélos ! » (voir Pays-Bas – Allemagne).

Le tout-automobile (1950-1970)

Avec la prospérité, la voiture s'impose. On comble des canaux pour faire des routes et on prévoit de raser des quartiers d'Amsterdam pour des autoroutes urbaines. Le nombre de morts sur les routes explose : plus de 3 000 en 1971, dont plus de 400 enfants.

Le virage des années 1970

Le mouvement Stop de Kindermoord (« Arrêtez le meurtre d'enfants »), lancé en 1972-1973, organise manifestations et occupations de rues. La crise pétrolière de 1973 et les dimanches sans voiture (1973-1974) achèvent de convaincre les responsables politiques. La Fietsersbond (Union des cyclistes) naît en 1975. Les villes, à commencer par Delft et Tilbourg, investissent alors dans des pistes séparées, des zones à 30 km/h (woonerven) et des plans de circulation qui découragent la traversée des centres en voiture.

L'infrastructure, clé du succès

  • Pistes cyclables séparées (fietspaden), revêtues d'asphalte rouge, avec leurs propres feux tricolores et rond-points prioritaires.
  • Autoroutes à vélo (snelfietsroutes) reliant les villes sur des dizaines de kilomètres.
  • Réseau à points-nœuds (fietsknooppunten) pour le loisir, détaillé dans notre page le vélo en pratique.
  • Ouvrages spectaculaires : le Hovenring, rond-point suspendu près d'Eindhoven (2012), ou le parking de la gare d'Utrecht, le plus grand du monde avec environ 12 500 places, inauguré en 2019. Amsterdam a ouvert en 2023 un parking à vélos sous l'eau, devant la gare centrale.
  • Règle de responsabilité : en cas d'accident entre une voiture et un cycliste, l'automobiliste est présumé responsable d'au moins 50 % des dommages, ce qui incite à la prudence.

Le vélo néerlandais d'aujourd'hui

Le vélo de ville classique, l'omafiets (« vélo de grand-mère ») noir, à cadre ouvert et rétropédalage, reste emblématique. Mais le paysage change vite : plus de la moitié des vélos neufs vendus sont désormais à assistance électrique, ce qui allonge les trajets domicile-travail et prolonge la pratique chez les seniors. Les fatbikes électriques, très populaires chez les adolescents, suscitent des inquiétudes pour la sécurité, et le gouvernement a annoncé des mesures pour encadrer leur usage (mise à jour : octobre 2026). Le casque n'est pas obligatoire et reste rare, sauf pour les cyclistes sportifs.

Le revers de la médaille : les vols (plusieurs centaines de milliers de vélos volés chaque année), l'encombrement des trottoirs autour des gares et un nombre de cyclistes tués qui ne baisse plus, notamment chez les plus âgés.

Le vélo comme sport

La culture du vélo utilitaire nourrit aussi le cyclisme de compétition : Joop Zoetemelk, vainqueur du Tour de France 1980, Mathieu van der Poel, Annemiek van Vleuten, Marianne Vos ou les pistards Harrie Lavreysen et Jeffrey Hoogland. Voir cyclisme sur route et piste et les grands itinéraires à vélo.

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Questions fréquentes

Combien y a-t-il de vélos aux Pays-Bas ?

Environ 23 millions, soit plus d'un vélo par habitant, pour un peu plus de 18 millions d'habitants.

Pourquoi les Néerlandais font-ils autant de vélo ?

Grâce à des villes compactes, au relief plat et surtout à des infrastructures séparées et sûres, développées depuis les années 1970 après une forte mobilisation contre les accidents de la route.

Faut-il porter un casque à vélo aux Pays-Bas ?

Non, le casque n'est pas obligatoire et la plupart des cyclistes urbains n'en portent pas.

Où se trouve le plus grand parking à vélos du monde ?

Sous la gare centrale d'Utrecht, avec environ 12 500 places, ouvert en août 2019.