L'anglais aux Pays-Bas

Classés premiers sur 123 pays à l'indice EF de maîtrise de l'anglais 2025, les Néerlandais sont les meilleurs anglophones non natifs du monde. Une force pour le tourisme et l'économie, qui suscite aussi un débat sur la place du néerlandais, notamment à l'université.

Mis à jour le 14 octobre 2026 · 3 min de lecture

Sommaire
  1. Les meilleurs anglophones non natifs
  2. Pourquoi les Néerlandais parlent-ils si bien anglais ?
  3. Où l'anglais suffit… et où il ne suffit pas
  4. Le débat sur l'anglicisation des universités
  5. Le « steenkolenengels »
  6. Questions fréquentes

Les meilleurs anglophones non natifs

L'indice EF English Proficiency Index, établi à partir des résultats de plus de deux millions de candidats à un test en ligne, place les Pays-Bas en tête de son édition 2025 (publiée en novembre 2025), devant la Croatie et l'Autriche, avec un score de 624 jugé « très élevé ». C'est une position que le pays occupe sans interruption depuis plusieurs éditions, même si son score s'érode légèrement depuis 2021. Les enquêtes Eurobaromètre de la Commission européenne vont dans le même sens : environ neuf Néerlandais sur dix déclarent pouvoir tenir une conversation en anglais, la proportion la plus élevée de l'UE avec les pays scandinaves et Malte.

Pourquoi les Néerlandais parlent-ils si bien anglais ?

  • Une langue proche : l'anglais et le néerlandais sont deux langues germaniques occidentales, avec une syntaxe et un vocabulaire de base voisins (water/water, house/huis, bread/brood).
  • Le sous-titrage : films, séries et émissions étrangères ne sont pas doublés à la télévision, sauf pour les jeunes enfants. Les Néerlandais entendent de l'anglais authentique dès l'enfance.
  • L'école : l'anglais est obligatoire dans les dernières années du primaire et de nombreuses écoles commencent dès la maternelle ; il reste obligatoire jusqu'à la fin du secondaire. Plus d'une centaine d'établissements secondaires proposent même un enseignement bilingue (tweetalig onderwijs). Voir notre page sur le système éducatif.
  • Un petit pays ouvert : économie tournée vers l'export (voir commerce extérieur), tourisme, sièges de multinationales, culture pop anglophone : l'anglais est un outil quotidien.

Où l'anglais suffit… et où il ne suffit pas

SituationL'anglais suffit-il ?Commentaire
Tourisme (hôtels, musées, restaurants)OuiPartout dans les grandes villes ; certains cafés d'Amsterdam ont un personnel exclusivement anglophone
Transports (NS, trams)OuiAnnonces et billetterie bilingues (voir le train)
Travail en entreprise internationaleSouventLangue de travail chez ASML, Booking.com, Shell, à Schiphol, dans la tech et la recherche
Université (master)Oui, le plus souventUne large majorité des masters est enseignée en anglais
AdministrationPartiellementIND, Belastingdienst et grandes communes publient des informations en anglais, mais les courriers officiels restent en néerlandais
Médecin de famille, école des enfantsVariableLes médecins parlent presque tous anglais ; la vie scolaire se passe en néerlandais
Petites villes, campagne, personnes âgéesMoinsLe niveau reste bon, mais le néerlandais (ou l'allemand près de la frontière) est plus confortable

Pour s'installer durablement, l'anglais ouvre les portes mais ne suffit pas à s'intégrer : voir travailler aux Pays-Bas et apprendre le néerlandais.

Le débat sur l'anglicisation des universités

Le succès de l'anglais a son revers. Les universités néerlandaises ont massivement basculé vers l'anglais, surtout au niveau master, pour attirer des étudiants internationaux. Leur nombre a fortement augmenté au cours des années 2010, au point de peser sur le logement étudiant et de faire craindre un recul du néerlandais comme langue de science. Le gouvernement a présenté en 2024 un projet de loi « Internationalisation équilibrée » (Wet internationalisering in balans), qui prévoit notamment un contrôle de l'ouverture de nouveaux cursus de licence en anglais ; son examen parlementaire s'est prolongé et ses effets ne sont pas attendus avant plusieurs années. Plusieurs universités ont déjà réduit d'elles-mêmes le nombre de places en anglais. Les inscriptions d'étudiants internationaux de l'EEE reculent d'ailleurs depuis plusieurs rentrées (voir étudier aux Pays-Bas et les universités).

Le « steenkolenengels »

Les Néerlandais aiment se moquer de leur propre anglais approximatif, baptisé steenkolenengels (« anglais de charbon »), qui consiste à traduire mot à mot des expressions néerlandaises. Quelques classiques : I always get my sin (de ik krijg altijd mijn zin, « j'obtiens toujours ce que je veux »), Can I become a steak? (mag ik een steak krijgen — krijgen signifie « recevoir »), ou That's another cook (dat is andere koek, « c'est une autre paire de manches »). Voir aussi nos expressions courantes.

Questions fréquentes

Peut-on visiter les Pays-Bas sans parler néerlandais ?

Oui, sans difficulté : l'anglais suffit dans tous les lieux touristiques, les transports et la quasi-totalité des commerces. Quelques mots de néerlandais restent appréciés (voir vocabulaire de voyage).

L'anglais est-il une langue officielle des Pays-Bas ?

Non, pas dans la partie européenne du pays. Il est en revanche langue officielle dans les communes caribéennes de Saba et de Saint-Eustache, ainsi qu'à Sint Maarten.

Peut-on trouver du travail aux Pays-Bas en ne parlant qu'anglais ?

Oui dans la tech, la recherche, la logistique internationale, le service client multilingue ou la finance, surtout dans la Randstad et à Eindhoven. Pour la majorité des emplois en contact avec le public, le néerlandais reste exigé.

Les Néerlandais parlent-ils aussi allemand ?

Beaucoup le comprennent et une bonne partie le parlent, en particulier dans l'est et le sud du pays, proches de l'Allemagne. L'allemand est, après l'anglais, la langue étrangère la plus répandue, devant le français.