Anne Frank

Adolescente juive allemande réfugiée à Amsterdam, Anne Frank a tenu un journal pendant ses deux années de clandestinité dans l’Annexe du 263 Prinsengracht. Morte à Bergen-Belsen à 15 ans, elle est devenue le visage universel des victimes de la Shoah.

Mis à jour le 14 octobre 2026 · 4 min de lecture

Sommaire
  1. De Francfort à Amsterdam
  2. Le journal et la clandestinité
  3. Arrestation et déportation
  4. Le destin du Journal
  5. Où se souvenir d’Anne Frank aux Pays-Bas
  6. Questions fréquentes

De Francfort à Amsterdam

Annelies Marie Frank naît le 12 juin 1929 à Francfort-sur-le-Main, deuxième fille d’Otto Frank, homme d’affaires et ancien officier de la Première Guerre mondiale, et d’Edith Holländer ; sa sœur aînée, Margot, est née en 1926. Après l’arrivée de Hitler au pouvoir en 1933, Otto Frank s’installe à Amsterdam, où il dirige Opekta, une société vendant de la pectine pour confitures. Sa femme et ses filles le rejoignent ; Anne arrive en février 1934.

La famille habite un appartement du Merwedeplein, dans le quartier de Rivierenbuurt, où vivent de nombreux réfugiés juifs allemands. Anne fréquente une école Montessori, apprend le néerlandais, se fait des amies. Le 10 mai 1940, l’Allemagne envahit les Pays-Bas (voir la Seconde Guerre mondiale). Les mesures antijuives s’accumulent : Anne et Margot doivent rejoindre le lycée juif, le port de l’étoile jaune devient obligatoire en mai 1942.

Le journal et la clandestinité

Pour ses 13 ans, le 12 juin 1942, Anne reçoit un carnet à carreaux rouges et blancs dont elle fait son journal, adressé à une amie imaginaire, « Kitty ». Le 5 juillet 1942, Margot reçoit une convocation pour un « camp de travail » en Allemagne. Dès le lendemain, la famille entre dans la cachette préparée par Otto : l’Annexe (Achterhuis), partie arrière des bureaux de son entreprise, au Prinsengracht 263, au bord d’un des canaux d’Amsterdam. Une bibliothèque pivotante en masque l’entrée.

Ils sont bientôt huit : les Frank, Hermann et Auguste van Pels et leur fils Peter, puis le dentiste Fritz Pfeffer. Quatre employés d’Otto — Miep Gies, Johannes Kleiman, Victor Kugler et Bep Voskuijl — ainsi que Jan Gies, le mari de Miep, et le père de Bep les ravitaillent pendant plus de deux ans, au péril de leur vie.

Anne écrit beaucoup : la vie confinée, les tensions, ses lectures, son éveil amoureux pour Peter, sa réflexion sur la guerre et sur sa condition de femme. Au printemps 1944, après un appel à la radio de Londres du ministre Gerrit Bolkestein invitant à conserver les témoignages de l’occupation, elle commence à réécrire son journal en vue d’une publication, sous le titre Het Achterhuis.

Arrestation et déportation

Le 4 août 1944, les clandestins sont arrêtés par le Sicherheitsdienst ; l’identité de la personne qui les aurait dénoncés n’a jamais été établie avec certitude, malgré plusieurs enquêtes. Après un passage par la prison de la Weteringschans, ils sont envoyés au camp de transit de Westerbork, en Drenthe, puis, le 3 septembre 1944, par le dernier convoi parti de Westerbork vers Auschwitz-Birkenau.

Edith Frank meurt à Auschwitz en janvier 1945. Anne et Margot sont transférées fin octobre 1944 à Bergen-Belsen, où sévit une épidémie de typhus. Elles y meurent toutes deux, vraisemblablement en février 1945, quelques semaines avant la libération du camp le 15 avril. Des huit clandestins, seul Otto Frank survit, libéré à Auschwitz par l’Armée rouge en janvier 1945.

Le destin du Journal

Après l’arrestation, Miep Gies et Bep Voskuijl recueillent les écrits d’Anne et les conservent. Miep les remet à Otto Frank lorsque la mort de ses filles est confirmée, à l’été 1945. Le livre paraît aux Pays-Bas le 25 juin 1947 sous le titre Het Achterhuis, puis en français en 1950 (Journal de Anne Frank). Traduit dans plus de 70 langues, il est l’un des livres les plus lus au monde. Le manuscrit est inscrit au registre Mémoire du monde de l’UNESCO en 2009.

Le destin des Frank s’inscrit dans une tragédie plus large : environ 102 000 Juifs déportés des Pays-Bas ont été assassinés, soit l’un des taux les plus élevés d’Europe occidentale (voir la Shoah aux Pays-Bas).

DateÉvénement
12 juin 1929Naissance à Francfort
Février 1934Arrivée à Amsterdam
12 juin 1942Anne reçoit son journal
6 juillet 1942Entrée dans l’Annexe
4 août 1944Arrestation
3 septembre 1944Déportation de Westerbork vers Auschwitz
Février 1945Mort à Bergen-Belsen
25 juin 1947Publication de Het Achterhuis

Où se souvenir d’Anne Frank aux Pays-Bas

  • Maison d’Anne Frank (Prinsengracht 263) : l’Annexe, laissée vide à la demande d’Otto Frank, et le journal original. Réservation en ligne obligatoire (voir notre fiche Maison d’Anne Frank).
  • Merwedeplein : une statue d’Anne Frank se dresse sur la place, devant l’immeuble familial.
  • Statue de la Westermarkt, près de la Westerkerk dont Anne entendait le carillon depuis la cachette.
  • Herinneringscentrum Kamp Westerbork (Drenthe) : centre de mémoire sur le site du camp de transit.
  • Monument national de la Shoah (Holocaust Namenmonument) à Amsterdam, avec les noms des victimes néerlandaises.

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Questions fréquentes

Combien de temps Anne Frank est-elle restée cachée ?

Un peu plus de deux ans : du 6 juillet 1942 au 4 août 1944, soit 761 jours dans l’Annexe du Prinsengracht.

Quand et comment est morte Anne Frank ?

Au camp de Bergen-Belsen, très probablement en février 1945, du typhus, quelques jours après sa sœur Margot. Elle avait 15 ans.

Qui a dénoncé la famille Frank ?

On ne le sait pas avec certitude. Plusieurs hypothèses ont été avancées, dont celle, très contestée, d’une enquête de 2022 visant le notaire Arnold van den Bergh ; aucune n’a été prouvée.

Peut-on visiter la cachette d’Anne Frank ?

Oui, la Maison d’Anne Frank à Amsterdam se visite uniquement sur billet horodaté réservé en ligne, souvent plusieurs semaines à l’avance.